CDI, CDD et intérim : règles essentielles au Maroc

Les trois grandes formes de contrat de travail au Maroc, quand chacune peut être utilisée, les pièges à éviter.

Lecture : 7 min · Catégorie : Droit du travail · Mis à jour : 2026-04-18 · Relu le 2026-04-18

Le Code du travail marocain encadre trois formes principales de contrat : le CDI, le CDD et le travail intérimaire. Cette fiche synthétise les règles essentielles. Elle ne remplace pas un avis juridique dans un cas particulier.

Le CDI — contrat à durée indéterminée

Le CDI est la règle. Toute relation de travail est présumée en CDI sauf si les conditions strictes d’un autre type de contrat sont réunies.

Caractéristiques :

  • Pas de terme fixe ;
  • Période d’essai possible, plafonnée par le Code :
    • 3 mois pour les cadres (renouvelable une fois),
    • 1 mois et demi pour les employés (renouvelable une fois),
    • 15 jours pour les ouvriers (renouvelable une fois) ;
  • Rupture encadrée : démission (préavis), licenciement (motif réel et sérieux, procédure disciplinaire le cas échéant, indemnité de licenciement), accord amiable, rupture pour cas de force majeure.

Le CDD — contrat à durée déterminée

Le CDD n’est autorisé que dans des cas limitativement énumérés par le Code du travail :

  • Ouverture d’une entreprise ou d’un établissement nouveau ;
  • Lancement d’un produit nouveau ;
  • Remplacement d’un salarié temporairement absent ;
  • Accroissement temporaire d’activité ;
  • Travaux saisonniers ;
  • Emplois auxquels des usages constants ne recourent jamais qu’au CDD.

Durée maximale :

  • 1 an, renouvelable une seule fois, soit 2 ans maximum dans le régime général ;
  • Règles spécifiques pour l’ouverture d’entreprise (12 mois non renouvelables dans certaines interprétations, à vérifier).

Conséquences clés :

  • Un CDD conclu hors cas autorisés, ou renouvelé au-delà de la limite légale, est requalifié en CDI par le juge social.
  • La rupture anticipée du CDD par l’une des parties est très encadrée (force majeure, faute grave, accord amiable) — à défaut, dommages-intérêts dus.
  • Le CDD doit être écrit ; à défaut, présomption de CDI.

L’intérim — travail temporaire

L’intérim est un CDD tripartite :

  • Le salarié est employé par une entreprise de travail temporaire (ETT) agréée ;
  • Il est mis à disposition d’une entreprise utilisatrice pour une mission précise ;
  • Trois contrats coexistent : contrat de mission (salarié-ETT), contrat de mise à disposition (ETT-entreprise utilisatrice), et relation de subordination fonctionnelle du salarié vers l’entreprise utilisatrice.

Cas autorisés : similaires au CDD (absence, accroissement, saisonnier), avec des durées plafonnées. La mission doit correspondre à une tâche précise et non durable.

Mentions obligatoires dans le contrat écrit

  • Identité et adresse des parties, numéro CNSS (employeur et salarié) ;
  • Poste de travail, lieu d’exécution ;
  • Date de début, durée (pour CDD), période d’essai ;
  • Rémunération et éléments annexes (primes, indemnités, avantages) ;
  • Horaire de travail ;
  • Référence à la convention collective applicable le cas échéant ;
  • Période d’essai.

Pièges fréquents

  1. Renouvellement abusif de CDD — risque de requalification et condamnation.
  2. Essai déguisé — enchaîner plusieurs CDD courts pour « tester » un candidat revient à éluder les règles d’essai.
  3. Absence de contrat écrit — la jurisprudence tranche quasi systématiquement en faveur du salarié.
  4. Confusion entre stage et CDD — le stage obéit à un régime distinct (convention de stage) et ne doit pas servir à masquer un emploi salarié.

Pour aller plus loin

Taux et procédures évoluent — vérifiez la dernière version sur la source officielle citée.

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